4 août 2013

La Révolte - Hunger Games #3 de Suzanne Collins - Chronique et Avis





Titre: La Révolte - Hunger Games #3
Titre VO: Mockingjay - The Hunger Games #3
Auteur: Suzanne Collins
Genre: Dystopie / Aventure / Romance
Date de parution VF: 5 mai 2011
Lu en: Français
Édition: Pocket Jeunesse
Note: 10/10
Description: Contre toute attente, Katniss a survécu une seconde fois aux Hunger Games. Mais le Capitole crie vengeance.

Katniss doit payer les humiliations qu'elle lui a fait subir. Et le président Snow a été très clair : Katniss n'est pas la seule à risquer sa vie. Sa famille, ses amis et tous les anciens habitants du district Douze sont visés par la colère sanglante du pouvoir.

Pour sauver les siens, Katniss doit redevenir le geai moqueur, le symbole de la rébellion. Quel que soit le prix à payer.



ATTENTION: Cette chronique contient des traces de spoilers concernant les deux premiers tomes de la trilogie Hunger Games. En cas d'allergie connue à ces substances, merci de ne pas consommer. Toute responsabilité est déclinée.

La révolte dans sa globalité

Tout comme la fin du second tome, et le titre VF de ce dernier tome l'annonçaient, ce roman est évidemment centré sur la révolte qui oppose le Capitole et les rebelles. Et ça influe plutôt pas mal sur l'ambiance du roman: cendreux, boueux, froid, dramatique et chaotique. Même les personnages à qui nous sommes les plus attachés nous le font ressentir par leur folie, leur peine. Au fond, j'ai trouvé ce roman très psychologique, parce que la folie envahit chacun de ces héros à qui nous sommes attachés, et avec une lecture intensive, j'ai parfois eu l'impression de sombrer dans la folie moi aussi.
Une première preuve du talent de Suzanne Collins.

Les deux premiers tomes étaient écris au présent, tout comme celui-ci. Mais dans celui-là, il y avait un petit quelque chose supplémentaire. En plus d'énumérer des faits en direct, Katniss nous offre ses pensées immédiatement, en direct, ses réactions, pas seulement avec les dialogues, pas seulement en décrivant sa réaction physique. Mais en réagissant réellement avec nous. Alors soit ce n'était pas le cas dans les tomes précédents, et c'est un point supplémentaire. Soit c'était déjà le cas, mais ça saute beaucoup plus aux yeux dans celui-là, parce que j'ai oublié. C'est un point que j'ai beaucoup aimé, et m'a permis de me rapprocher de l'héroïne, que j'ai toujours trouvé trop froide. Deuxième preuve du talent de Suzanne Collins.

Cependant, j'ai trouvé le début du roman un peu long, avec parfois quelques moments ennuyeux, dû à l'absence de certains qui se fait ressentir, parfois temporairement, parfois définitivement, au point de créer un vide dans mon propre coeur. Cinna est l'exemple le plus flagrant: c'est un personnage que j'avais très envie de revoir - je me disais "Et s'il n'était pas vraiment mort? Et si on lui avait fait croire..." - l'espoir fait vivre!

La révolte dans ses protagonistes

Katniss, symbole du geai moqueur, fausse solution de la Révolte, mentalement atteinte - je l'ai trouvée plus pure que dans les tomes précédents. Je n'ai absolument aucune idée de pourquoi ou de comment. Tout ce que je sais, c'est que j'ai entièrement compris son comportement dû à son état d'esprit post-Hunger-Games.

Gale - bourré de haine, et froid comme de la glace, si je l'ai apprécié, c'est uniquement parce qu'il a la protection dans le sang.

Peeta - m'a brisé le coeur parce que je pensais le retrouver. Je pensais que sa tendresse adoucirait ce tome, et... non. En revanche, il a su dire tout haut à Katniss, ce que je pensais tout bas - ce que je pensais tout bas, puisque je n'ai aucun moyen de contacter Katniss, et de lui dire ce que je pense d'elle - HIGH FIVE PEETA.

Finnick - j'ai su surmonter mon aversion pour lui, parce que ce tome révèle beaucoup sur lui. J'ai su oublier la tronche de rat de l'acteur, et l'apprécier, en faire mon personnage favori, parce que c'était peut-être celui qui était le plus humain. Il m'a touché et émue par sa vulnérabilité, son être. Et là, tu t'attaches à lui, tu te dis que "Finalement, je l'aime bien ce Finnick". Et -

Haymitch - a un lien spécial avec Katniss, s'ils ne se supportent pas, ils sont quand même les mêmes. Et j'ai trouvé cette complicité touchante et magique.

Ces personnages là forment un groupe un peu hors du commun: en pleine folie, personne n'est sain d'esprit, mais le sont quand même. C'est un autre point qui m'a plu. Je m'explique: si dans chaque dystopie, on retrouve généralement une révolte, cette révolte est toujours accompagnée d'un héros ou d'une héroïne QUASIMENT sain(e) d'esprit. Et là, non.
Non parce que ce qu'il se passe dans cette dystopie est affreux. C'est de la pure barbarie. Et évidemment qu'on ne sort pas sein d'esprit de ces situations là. Des Hunger Games. De la révolte. De la perte de nos proches. Du sang. Des explosions.
C'est une folie qui s'étend, qui absorbe, et ne te quitte jamais. Et je n'ai jamais rencontré un héros, ou une héroïne avec cette folie là dans les autres dystopies. Que ce soit avant, pendant ou après les rébellions.
Cette folie est normale, est.... saine en fait. Et je me rends compte que si Suzanne a su intégrer cet élément TRÈS important dans sa trilogie, ce n'est pas le cas de tous, et c'est un élément trop souvent oublié à mon goût. Mais ce n'est que maintenant que ça me saute au yeux. (Et si cet élément a été intégré dans d'autres dystopies, c'est sûrement que je ne les ai pas encore lues).
Une troisième preuve du talent de Suzanne Collins.

La révolte dans l'action

Quand on parle de révolte, je sais pas vous, mais moi, la première chose qui me vient en tête, c'est la guerre civile. Et cette guerre, longue à se mettre en place, est intense. Mais genre, VRAIMENT INTENSE. Avec des détails et tout. Parce qu'en suivant Katniss et son désir de vengeance, on suit Katniss au coeur de la guerre.
De façon extrême, et détaillée, ce tome est explosif, enflammé, et destructeur. Une vraie torture, tant au niveau des conséquences de la guerre au sein du roman, qu'au niveau émotionnel du lecteur (le lecteur étant moi-même. Sisi).
Suzanne a su construire son intrigue de façon complexe, pour mieux nous surprendre. Chaque hypothèse est ridicule et pathétique à côté de ce que l'auteur à décidé de faire subir à ses protagonistes. Et à nous-même par la même occasion.
L'action est omniprésente. L'action est là, à chaque fin de phrase. À chaque fin de chapitre. Le suspense m'a maintenu en haleine du début à la fin: Panem est une bombe nucléaire, la conclusion de la trilogie est explosive, même surtout psychologiquement.

Suzanne Collins conclue alors sa trilogie avec un roman poignant, explosif, et émouvant. Je suppose que si elle n'avait pas mis sa poudre de sadisme qu'ont ces auteurs talentueux, le résultat n'aurait pas été aussi bon.
En alternant une narration rapide montrant l'urgence de la situation, et une narration plus calme, entrecoupée de vides, et le tout au présent, Suzanne a su illustrer parfaitement les moments vécus par Katniss. Elle a su nous surprendre, elle a su nous prendre au piège avec nos propres émotions. L'auteur a su me rendre aussi folle que Katniss, et me plonger dans une transe hypnotique provoquée par ses mots et par sa plume.
Suzanne Collins a su déverser son talent et sa passion dans sa plume, pour rendre cette trilogie, et surtout ce dernier roman extraordinaire. Une preuve ultime de son talent.

Extraits

— Le reste ne compte plus. Même si ça fait mal au ventre, vous savez que vous allez devoir tuer, parce que dans l'arène on n'a droit qu'à un seul souhait. Et il vous coûte très cher.
— Il vous coûte la vie, dit Caesar.
— Oh non. Bien plus que ça, dit Peeta. Assassiner des innocents ? Ça vous coûte tout ce que vous êtes.
— Tout ce que vous êtes, répète Caesar à voix basse.
Le silence s'abat sur la pièce, et je le sens se répandre à travers Panem.



— Donne-moi une seule raison de ne pas te tuer.
Le reste du monde s’estompe. Il n’y a plus que moi, fixant dans les yeux un homme de la Noix qui me demande une raison. Je devrais pouvoir lui en fournir des milliers. Pourtant, la seule réponse qui me vient aux lèvres, c’est :
— Je n’en vois pas.



Finnick caresse du bout des doigts une lumière rougeoyante au-dessus d’un porche.
— Mesdames et messieurs… commence-t-il en chuchotant.
Je termine à sa place, d’une voix qui résonne à travers la salle :
— Que les soixante-seizièmes Hunger Games commencent !
Je ris. Très vite. Avant que quiconque puisse réaliser ce qui se cache derrière ces mots. Avant qu’on se mette à froncer les sourcils, à soulever des objections, à additionner deux et deux et qu’on décide que la meilleure solution consiste à me retenir le plus loin possible du Capitole.




Chronique de Hunger Games #1 de Suzanne Collins
Chronique de Hunger Games #2 - L'embrasement de Suzanne Collins

10 commentaires:

  1. Tu m'as fait un peu plus comprendre la folie de Katniss, je n'ai pas su comprendre tout de suite son comportement, mais c'est vrai que les Hunger Games, ça marque à jamais. Comme pour Annie.
    Moi aussi j'avais l'espoir que Cinna soit vivant, ils ne le disent pas clairement avant un long moment d'ailleurs !
    Ce tome est vraiment poignant et je crois que j'ai pleuré à certains moments !
    Bref j'ai adoré cette trilogie qui reste une de mes préférées !
    (avec quand même une dépression post-Hunger Games ;) )

    Bisous ! :)

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    1. Ravie d'avoir été utile :P
      C'est vrai que je pense que ces événements sont trop difficile à vivre, trop barbare pour en sortir indemne. Et ce côté psychologique est souvent mis de côté, pour se concentrer sur l'action, et l'happy end.

      Non, ils ne le disent pas clairement, et c'est cruel :P Parce que nous derrière on y croit encore!! :P

      Pareil. 2 ou 3 fois :'( Surtout la fin.

      (j'admet avoir une petite dépression... :'( )

      xxxx

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  2. J'adore ta chronique, elle vise très juste. J'ai même réussi à mieux comprendre Katniss, qui avait eu tendance à m'exaspérer un peu( juste un peu hein, rien de bien méchant).
    Il est vrai qu'on ne sort pas indemne de telles épreuves. ^^
    Ah Gale, il est plus dur et froid dans ce tome mais tu sens qu'il ne le fait pas par plaisir mais parce qu'il tient à en finir avec cette institution qui leur "bousille" la vie.
    Quant à Peeta, moi je l'aurais bien achevé (pardon, je l'ai dit tout hait?? Oups!! :p) Non, plus sérieusement, j'ai eu un peu de mal à comprendre à quoi jouait Peeta. Mais bon, c'est peut-être parce que je reste fidèle à la team Gale? ;)

    Ah et Finnick. Il m'a émue au possible. Il est, comme tu le dis si bien, celui qui est le plus humain.

    Bref, je termine en applaudissant ta critique. ^^ *applaudis*
    Je reviendrais souvent sur ton blog, j'adore tes critiques. :)

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    1. Merci beaucoup :) Ça me fait plaisir de t'avoir un peu éclairée ;)
      J'imagine qu'à sa place, je me serais sûrement enfermée dans une cellule capitonnée volontairement huhu
      C'est vrai, j'ai pas pensé à cette raison concernant Gale. J'ai tellement l'habitude de lire des romances où l'amour "est plus fort que tout", que j'ai pas pensé au fait que quelque chose d'autre pouvait être plus fort que l'amour - faire tomber le gouvernement dans son cas.
      Haha il était chiant hein!? ;D J'avoue qu'il me tapait sur les nerfs. Je me disais "mais non, mais non, c'est le Capitole qui le contrôlait, sinon il ne serait pas comme ça, tu le sais, ne le déteste pas." :P (La fille qui se parle toute seule)
      La fidélité c'est le meilleur! ;)

      Je m'attendais pas à m'attacher à Finnick autant, je comprends pourquoi vous réagissez toutes comme ça avec lui du coup :P

      Merci *fait une révérance, rougis*
      Tu seras accueillie avec grand plaisir! :D xx

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  3. Tu l'as aimé, c'est bien tu es gentille *petite tape sur la tête* Je suis fière de toi !
    TEAM FINNICK (MAIS PAS L'ACTEUR) OUAIIIIS !

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    1. *papillonne des yeux* (je savais plus trop le nom de comment on dit ce geste vois-tu donc?)
      YEAH (SAUF QU'IL EST MORT)

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    2. ENNNH COMMENT TU SPOILES ! (EN CAPSLOCK EN PLUS)
      T'imagines si quelqu'un tombe sur ton commentaire et ne l'a pas lu. Le quelqu'un t'en voudras à mort et tu devras partir te cacher dans un pays étranger.

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    3. OUPS NON C'ÉTAIT UNE BLAGUE ) Finnick il n'est pas... voilà.
      J'espère au moins que je pourrais fuir dans un pays trop cool. Comme les États Unis.

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Merci! ♡